Deux mondes, mais une même discipline
Aujourd'hui, je partage mon temps entre l'accompagnement d'auteurs et un poste en banque. Dans ce poste, j'effectue de la veille juridique et boursière, de la rédaction de contenus internes. A première vue, ceux sont deux univers qui semblent n'avoir rien en commun. En effet, l'un est tourné vers l'imaginaire et l'écriture, l'autre vers les textes réglementaires et les marchés financiers. Pourtant, l'un nourrit directement l'autre, d'une façon que je n'avais pas anticipée en démarrant ce projet. Je vais vous l'expliquer dans cet article.
La rigueur ne prend pas de vacances
Lors de la lecture de textes réglementaires, la ponctuation et les dates citées sont cruciales. Si celles-ci ne sont pas lu et comprises de la bonne façon, cela peut changer le sens d'un texte réglementaire, avec des conséquences bien réelles. C'est pourquoi, j'ai acquis au fil des années, un réflexe de vérification systématique. Je relis les textes plusieurs fois si nécessaires, je traque les incohérences. Il n'y a pas de place pour les approximations en droit.
Je retrouve ce réflexe intact quand j'ouvre un manuscrit. Une chronologie qui ne tient pas, un prénom qui change en cours de route : ce sont, à leur échelle, les mêmes erreurs de fond que je suis entraîné à repérer ailleurs. La discipline ne change pas de nature selon le type de texte ; seul l'enjeu change.
Une discipline dans les mots et les délais
Travailler à temps partiel sur un projet, ce n'est pas travailler à moitié. Je structure mon temps avec la même exigence que dans mon emploi salarié. Le nombre d'accompagnements que je mène chaque mois est volontairement limité. Ce n'est pas pour créer une rareté artificielle, mais parce que souhaite m'engager de manière qualitative auprès de mes clients. A l'image de l'engagement qui est le mien dans mon poste salarié.
Dans un environnement bancaire, un dossier mal suivi ou une échéance manquée a des répercussions immédiates et visibles. J'applique la même logique à mes accompagnements d'auteurs : un planning annoncé est un planning tenu, et je préfère limiter le nombre de projets en parallèle plutôt que de promettre plus que ce que je peux honorer avec sérieux.
Un cadre de travail, pas seulement une bonne volonté
Concrètement, comment cela va se traduire ?
- J'annoncerai des délais en avance qui seront tenus ;
- Des points d'étape seront régulièrement fait pour garder la cohérence du projet et adapter au besoins ;
- Et il y aura une communication claire sur ce qui est fait, ce qui reste à faire, et pourquoi.
Ce sont des réflexes qui viennent directement de mon quotidien professionnel, où la traçabilité et la clarté du reporting sont non négociables.
Un paradoxe qui n'en est pas vraiment un
Cela peut paraitre contre-intuitif mais c'est en gardant un pied dans un métier très éloigné de l'écriture que j'ai appris à mieux servir les auteurs que j'accompagne. La rigueur se transporte simplement d'un contexte à l'autre. De la même manière que la rigueur scientifique sert le droit en nous apprenant aussi la rigueur de la recherche.
Limiter le nombre d'accompagnement chaque mois me permet de garantir que chacun d'entre eux reçoive l'attention méthodique qu'un manuscrit mérite.
Je ne cherche pas à vendre ce double emploi comme un argument marketing en soi. Mais je pense sincèrement que la qualité d'un accompagnement éditorial ne se mesure pas seulement à la sensibilité littéraire de la personne qui le mène. Elle se mesure aussi à sa capacité à tenir un cadre, un délai, une méthode. Et ça, c'est une compétence que mon métier en banque m'a appris à ne jamais négliger